J’ai terminé la traversée de l’Asturie pour entrer en Galice.
Cela fait 15 jours que je marche en Asturie. J’aurai parcouru toute la côte de cette région trop méconnue des français. Pour moi, c’est vraiment un coup de cœur !

Cette côte façonnée par les vagues de l’océan atlantique, le vent, la pluie et par l’homme par endroits… cela donne des décors, des panoramas inoubliables. J’y reviendrai.

Cette semaine je continue à avancer avec Hugues et sa fille, mais mon accent québécois est toujours aussi mauvais …Tabarnacle!!!

Au cours de la semaine nous avons fait quelques nouvelles rencontres… Laurie une grand-mère de 77 ans, américaine et son petit fils Oliver de 14 ans. Elle s’est excusée pour les agissements de Trump.
j’ai 2 pèlerins qui m’ont demandé l’adresse de mon site… ils veulent lire mes articles quand ils auront terminé leur Camino.
Marc, un allemand entre 30 et 40 ans je dirai… il très volubile. Il a besoin de parler et d’être écouté. Il a l’air de s’intéresser à tout. Et il a un côté très attachant dans sa manière de s’exprimer, dans ces postures, dans sa manière de regarder les autres… j’ai ressenti ce côté gentil d’un enfant.
Kevin un canadien proche des 70 ans (si ce n’est pas ça… n’hésite pas à me faire la remarque) de Calgary. Il a commencé son chemin à Irun comme beaucoup, mais a ressenti des douleurs qui l’empêchent de faire le chemin à pied. Aussi, plutôt que de renoncer ou de finir en bus il a acheté ou loué (je ne lui ai pas demandé) un vélo électrique pour finir l’aventure. Il va à son rythme et devrait arriver 4 jours avant nous.
J’ai également rencontré plusieurs fois Helena une infirmière du Nevada qui parcours le monde des qu’elle le peut financièrement. Et aussi Richard, retraité de l’état de NewYork qui fait le chemin pendant que sa femme fait une retraite dans un temple bouddhiste de Dordogne. Et aujourd’hui j’ai marché et discuté avec Kelly une Néo-zélandaise qui fait Compostelle pour la deuxième fois.
Le chemin permet vraiment de rencontrer, de partager des moments, des points de vues, des expériences, des anecdotes… sans ce soucier du milieu social d’origine des personnes et sans trop de jugement… ( si les valeurs exprimées par une personne sont trop loins des miennes, je vais juste m’éloigner… il y a suffisamment de pèlerins intéressants à côtoyer… je ne suis pas la pour entrer en conflit ). Toutefois certains ont parfois besoin de dire d’où ils viennent pour justifier leurs propos ou leur recherche.
Les seuls avec qui je trouve il est difficile d’échanger… ce sont les espagnols qui font le chemin. Ils sont nombreux et restent entre eux sans faire attention ou ce soucier des pèlerins étrangers présents… Est-ce que nous (les français) faisons la même chose sur les chemins français lorsque nous sommes largement majoritaires ?
Pour finir, les rencontres imprévues et magiques….

Avec Laurent et son âne qui faisait le chemin en sens inverse … la rencontre fut courte car pour l’âne ce n’était pas l’heure de la pause et il continuait à marcher. Juste le temps pour Laurent qui était en train de chanter une chanson à son âne de nous raconter son parcours en 1 minute. La photo que j’ai prise de l’instant et que j’ai publiée sur Facebook a marqué les esprits… plus de 1300 likes… Certains avaient déjà rencontré Laurent et ont partagé des photos et des moments vécus… et comme souvent sur les réseaux certains ont critiqué sans vraiment connaître.. le fait qu’il oblige son âne a porter des affaires.

L’artiste, ancien pêcheur qui commémore à sa manière la vie de son père et la sienne au travers de peintures et sculptures qui ne sont pas à vendre mais à partager avec lui si l’on fait la démarche d’aller le voir.

Et enfin Tino… un espagnol tout en émotion qui lorsqu’il a su que Hugues et Abigail étaient Québécois… a sauté de joie et a voulu voir des photos de là bas avec de la neige. Le fait de discuter avec nous quelques minutes lui ont donné un moment de bonheur extrême exprimé par ses mots ,ses gestes, sa chaire de poule… c’est très difficile à reproduire à l’écrit mais c’était un moment fort pour lui et communicatif pour nous. Et cela, même si nous ne comprenions pas tout ce qu’il exprimait.

J’ai quitté aujourd’hui l’Asturie pour entrer en Galice. Dans 9 jours je serai à Compostelle… cela me semble incroyable d’être arrivé là. Philippe mon ami Blésois du début de l’aventure est arrivé à Santiago lundi. Il est maintenant retourné chez lui près d’Avignon. Dans son dernier message, il m’invite à profiter au maximum de ces derniers jours car après… et cela je l’entends dans la bouche de nombreuses personnes qui ont déjà fait plusieurs fois le chemin… il y a comme un vide en soi qui ce crée.

J’essaie de ne pas penser à cette fin même si j’ai du réserver mes derniers hébergements et mon voyage de retour. Avec Hugues (dont c’est le deuxième camino) nous parlons souvent de la journée du lendemain et nous exprimons nos émotions devant ces panoramas magnifiques.

