À la découverte du Camino Norte
Ça y est j'ai dépassé les 600 km. Je suis à peu près à la moitié du chemin.
Je n'ai jamais marché autant de ma vie. Avant de partir, nombreux sont ceux qui qui doutaient de mes capacités. Ils m'ont dit tu es certain de vouloir faire ce chemin en une fois… tu n'as pas vraiment fait de randonnées sur plusieurs jours et tu te lances sur un parcours immense... En fait, ils avaient un peu raison..Je suis parti dans l'inconnu complet mais ma fierté ne pouvait pas revenir en arrière ... J'avais annoncé ma volonté de faire le Camino dans son intégralité... Je ne pouvais pas revenir en arrière. Aussi maintenant que je suis à mi chemin je me rends mieux compte de la folie du projet, mais je ne regrette rien.

A mi-chemin j’apprécie pleinement ces 5 semaines passées à marcher. J’ai vécu parfois des moments difficiles, mais ils m’ont permis de mieux ressentir les instants de bonheur éprouvés devant des paysages, lors des repas communs dans les auberges pèlerins, lors des arrivées d’étapes, etc.

Cette semaine, j’ai donc démarré le Camino del Norte. C’est d’après les forums de pèlerins, la voie la plus difficile pour se rendre à Santiago. Il me reste donc les 600 km les plus difficiles à marcher pour y arriver. J'ai la motivation pour y parvenir... les pèlerins rencontrés sont là pour me dire c'est possible.
Hier j'ai revu Hugues et sa fille Abigail que j'avais rencontré à St Jean de Luz et Irun. Et j'étais persuadé qu'Abigail aurait abandonné au 3eme jours compte tenu de ces douleurs aux jambes... et en fait elle est toujours là... bien sûr elle a pleuré de douleurs et son père parfois lui porte son sac à dos en plus du sien.... Mais avec des massages intenses et des straps elle a tenue le coup et avance doucement vers Santiago. Et aujourd’hui on ressent dans son discours la fierté et la force pour réussir le chemin. Forcément quand tu vois ça tu te dis que toi aussi tu peux continuer à avancer et que ce n'est pas quelques ampoules qui vont t'arrêter.

Pour cette première semaine espagnol j'ai débuté par un déluge de pluie puis un temps mitigé pour finir avec des grandes chaleurs. La traversée du pays basque espagnol est similaire au français : ça monte et sa descend.. les dénivelés vont de 0 à 400m pour la plupart du temps et plusieurs fois par jour. La principale différence, avec le pays basque français, c'est que je longe la côte et que souvent j'aperçois l'océan. Aussi la fin d'étape dans une station balnéaire se termine souvent par une descente très raide comme à Deba.

La semaine prochaine je vais marcher dans une nouvelle région : la Cantabrie. C'est la plus petite région d'Espagne. Je vais découvrir et je vous raconterai.
Pour terminer un petit point environnement/écologie.

C'est à force de marcher le long des routes que je me dis qu'en France et en Espagne nous avons encore de gros progrès à faire pour nous éduquer à ne pas jeter nos déchets n'importe où. On ne s'en rend pas compte lorsque nous voyageons en voiture... Mais nos bords de route sont pleins de déchets... En premier des cannettes de bières coca et autres... Des emballages plastiques... Des mégots... mais aussi des vêtements, des bidons, des pneus, des jouets et parfois des encombrants plus volumineux encore.
Tout ces déchets vont rester sur place des années... Je ne sais pas s'ils polluent la terre ou affectent la flore et la faune locale... Mais en tous cas cela prouve qu’en tant qu’humain nous sommes encore loin d'être irréprochables.
600 kms ! Et il en reste autant mais tu as un mental de dingue
Merci pour toutes ces photos et des beaux commentaires
Ça va finir en livre !
Je t embrasse
Chapeau bas mon ami,
Grand on le savait par ta taille
Grand on le savait par ton intelligence,
Grand on le savait par ta dérision et ton flegme
Grand on le savait par ta fidélité
Grand maintenant par ta persévérance, ta pugnacité et ton courage
Bises
